Gurvan Maillard de La Morandais

Parcours professionnel

Mon histoire avec le bâtiment commence bien avant les diplômes — elle commence avec les mains.

C’est mon père qui m’a transmis le premier geste, en m’embarquant sur ses propres chantiers : une maison en pierre d’abord, puis une autre en parpaings. De ces années fondatrices, j’ai gardé l’essentiel : le sens de l’organisation, le respect du chantier, et cette satisfaction incomparable de voir une idée devenir un mur.

Pendant mes années de lycée, chaque vacance était une nouvelle école. Aux côtés d’e Bruno Tandeau de Marsac d’un artisan en rénovation, j’ai eu la chance de toucher à tout — l’électricité, la plomberie, les cloisons sèches, les menuiseries, les cuisines. Un vrai tour de piste du second œuvre, qui m’a appris que le bâtiment est avant tout un dialogue entre les métiers.

Puis est venu un détour inattendu et décisif : les langues, le japonais, et finalement le Japon. À l’université de Hiroshima, dans le cadre de mes études en Hautes Études Interdisciplinaires, j’ai lancé en 2014 un projet d’éco-construction — une maisonnette en sacs de terre — à la fois terrain d’expérimentation sociologique et véritable aventure humaine. Plus d’une centaine de personnes, de tous âges et horizons, se sont relayées sur trois mois pour bâtir ensemble quelque chose qui n’existait pas. Former, fédérer, improviser, tenir le cap : ce chantier m’a appris autant sur les gens que sur la terre.

Fort de cette expérience, j’en ai lancé une deuxième, plus longue — deux ans et demi — avec une approche encore plus exigeante : des matériaux plus locaux, zéro ciment, et une organisation repensée de fond en comble.C’est durant cette période qu’une rencontre allait tout changer. Un sakan — plâtrier-enduiseur japonais — est venu visiter le chantier, et ce qui aurait pu n’être qu’une visite de courtoisie s’est transformé en véritable transmission. Auprès de lui, j’ai appris les fondamentaux du métier, mais aussi les techniques avancées de l’enduit à la japonaise — une gestuelle précise, une lecture fine des matières, une exigence du geste juste héritée de siècles de savoir-faire.